La Yeti Imperial Stout est un stout impérial à 9,5 % brassé depuis 2004 par Great Divide Brewing, à Denver, dans le Colorado. Plusieurs fois médaillée au Great American Beer Festival, elle se distingue par une amertume plus marquée que la moyenne du style. Revenir sur sa fiche technique, son histoire et les descriptions publiées permet d’en comprendre la réputation, sans l’idéaliser.
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Sommaire
- Great Divide, une brasserie indépendante de Denver
- Pourquoi ce stout s’appelle-t-il Yeti ?
- Fiche technique : 9,5 %, neuf malts et une amertume affirmée
- Café, chocolat noir et pamplemousse : les descriptions publiées
- Un palmarès construit au Great American Beer Festival
- Yeti Imperial Stout : une référence qui tient sur la durée
Great Divide, une brasserie indépendante de Denver
Great Divide Brewing est l’une des plus anciennes brasseries de Denver, dans le Colorado. Elle est lancée officiellement en 1994 par Brian Dunn, selon le portrait publié par PorchDrinking en août 2018.
Un fondateur venu de l’agriculture
Avant de brasser, Brian Dunn travaille dans les années 1980 sur des projets agricoles dans des pays en développement. Il découvre ensuite le brassage amateur, puis poursuit des études supérieures. Ses voyages nourriront plus tard le nom de sa bière phare.
Brian Dunn, cité par PorchDrinking, se souvient que les buveurs de bière de l’époque absorbaient l’information comme des éponges.
Des débuts en solitaire
En 1994, Dunn est le seul employé à temps plein de la brasserie. Il cumule alors toutes les fonctions.
- Le brassage ;
- L’embouteillage ;
- La vente.
Les étapes clés
| Année | Étape | Source |
| 1994 | Lancement officiel de Great Divide | PorchDrinking |
| 2001 | Achat d’une ancienne laiterie du centre de Denver | PorchDrinking |
| 2004 | Sortie de la Yeti Imperial Stout | PorchDrinking |
| 2008 | Treizième médaille au GABF | The Full Pint |
Une indépendance revendiquée
PorchDrinking souligne que Great Divide est détenue et gérée de façon indépendante depuis 1994. Dans un marché marqué par les rachats, cette continuité explique en partie la stabilité de sa gamme. Le magazine range d’ailleurs la brasserie parmi les « OG » de la craft beer, autrement dit parmi les pionniers de la bière artisanale américaine.
- Un fondateur toujours associé à la marque.
- Un site de production au cœur de Denver.
- Une gamme bâtie sur des bières fortes et houblonnées.

Pourquoi ce stout s’appelle-t-il Yeti ?
Le nom de la Yeti Imperial Stout résulte d’un imprévu juridique. PorchDrinking retrace cette histoire dans son portrait de 2018.
La série Maverick abandonnée
Au début des années 2000, Brian Dunn imagine une série baptisée « Maverick ». Elle devait réunir trois bières fortes. Un problème de marque déposée oblige la brasserie à renommer l’ensemble.
| Style prévu | Nom finalement retenu |
| IPA | Titan IPA |
| Double IPA | Hercules Double IPA |
| Imperial stout | Yeti Imperial Stout |
Une inspiration himalayenne
Pour le stout, Dunn puise dans ses souvenirs de voyage. Ses séjours dans le nord de l’Inde, au Népal et dans l’ouest de la Chine l’ont familiarisé avec les légendes du yéti.
- Nord de l’Inde ;
- Népal ;
- Ouest de la Chine.
Un nom devenu une identité
La Yeti sort en 2004. PorchDrinking la présente comme la bière la plus emblématique de Great Divide. Le slogan « I BELIEVE » accompagne la marque, tout comme une semaine dédiée au yéti, organisée chaque mois de novembre.
Pour Brian Dunn, cité par PorchDrinking, le yéti forme une icône forte et le slogan « I BELIEVE » trouve un écho chez les amateurs de bière.
Ce que le nom raconte
- Une créature associée au froid et à la montagne.
- Un clin d’œil aux voyages du fondateur.
- Une image de puissance cohérente avec un stout à 9,5 %.
Cette identité forte a facilité le développement de déclinaisons, dont une Barrel Aged Yeti visible dans l’évolution des étiquettes présentée par PorchDrinking.
Fiche technique : 9,5 %, neuf malts et une amertume affirmée
Les sources concordent sur le degré : la Yeti titre 9,5 % vol. Difford’s Guide, The Full Pint, le magazine 5280 et BeerTasting affichent tous cette valeur.
Les données chiffrées
| Paramètre | Valeur | Source |
| Alcool | 9,5 % vol. | Difford’s Guide, 5280, BeerTasting |
| Amertume | 75 IBU | BeerTasting uniquement |
| Malts | Neuf malts différents | PorchDrinking |
| Fermentation | Haute | BeerTasting |
| Format cité | Bouteille de 12 oz | 5280 |
Un stout chargé en houblon
The Full Pint attribue en 2008 le caractère houblonné de la Yeti à une quantité énorme de houblons américains. Le critique de 5280 juge qu’elle montre plus de houblon que la plupart des imperial stouts.
- Malts sombres et torréfiés en grande quantité ;
- Houblons américains, variétés non précisées ;
- Style classé Russian imperial stout par Difford’s Guide.
Ce que les sources ne disent pas
Aucune source consultée ne nomme les variétés de malt ou de houblon. Elles ne donnent pas non plus de densité ni de température de service.
Situer ces chiffres
- Un degré proche du double de celui d’une lager courante à 5 %.
- Une amertume de 75 IBU, très élevée pour une bière sombre.
- Une base maltée complexe, avec neuf malts.
Selon The Full Pint, la Yeti associe un malt rôti massif, des notes de caramel et de toffee, et une forte présence de houblons américains.
Ces chiffres placent la Yeti dans le haut de la fourchette des stouts. Un imperial stout se définit justement par une densité de départ élevée, qui donne à la fois plus de corps, plus de sucres résiduels et plus d’alcool. L’amertume élevée sert ici de contrepoids à cette richesse maltée. C’est ce qui distingue la Yeti de stouts plus doux et plus ronds, comme le souligne le critique de 5280 lorsqu’il évoque des houblons qui « domptent » les malts sombres.

Café, chocolat noir et pamplemousse : les descriptions publiées
La Belle Bière n’a pas dégusté la Yeti. Les descriptions ci-dessous viennent de guides et de magazines spécialisés. Elles s’accordent sur une bière noire, torréfiée et amère.
L’aspect et le nez
Difford’s Guide décrit une robe noire dense et une mousse beige-brun. Le critique Chris Outcalt, pour 5280 en novembre 2012, note un noir de jais et une épaisse mousse couleur moka.
- Café expresso fumé et cacao (Difford’s Guide) ;
- Toffee, chocolat et alcool perceptible (5280) ;
- Caramel, chocolat noir et pamplemousse (BeerTasting).
La bouche et la finale
Difford’s Guide relève une bouche amère, entre expresso, chocolat amer, charbon, tabac et pin. La finale associe chocolat, malt torréfié, mélasse et légère fumée.
Pour Chris Outcalt (5280, 2012), la Yeti reste relativement accessible pour un imperial stout, même si sa force se fait sentir.
Des lectures comparées
| Source | Notes dominantes | Particularité |
| Difford’s Guide (2011) | Expresso, cacao, xérès, pain grillé | Touches de tabac et de pin |
| 5280 (2012) | Chocolat, toffee, cacao amer | Houblon qui tempère les malts |
| BeerTasting | Caramel, chocolat noir, pamplemousse | Note de 3,66 sur 29 évaluations |
| PorchDrinking (2018) | Café, chocolat noir | Texture épaisse et maltée |
Une bière associée à l’hiver
Le critique de 5280 en fait une bière de saison froide. Ce choix suit une logique simple, liée au profil de la bière.
- Une texture épaisse et un corps plein.
- Des arômes torréfiés proches du café.
- Un degré élevé, à réserver à de petites quantités.
Un palmarès construit au Great American Beer Festival
La réputation de la Yeti repose en grande partie sur ses résultats au Great American Beer Festival (GABF), le grand concours américain organisé à Denver.
Trois médailles en cinq ans
| Année | Distinction | Catégorie |
| 2005 | Médaille d’argent, GABF | Imperial stout |
| 2008 | Médaille de bronze, GABF | Imperial stout |
| 2009 | Médaille d’argent, GABF | Imperial stout |
| 2010 | 36e du classement « Top 100 » de BeerAdvocate | Toutes bières |
La médaille de bronze de 2008 est remise le 11 octobre à Denver. Selon The Full Pint, elle porte à treize le nombre de médailles GABF de Great Divide.
Brian Dunn déclarait en 2008 à The Full Pint que cette médaille répétée prouvait la régularité de qualité des bières de la brasserie.
Des déclinaisons autour de la Yeti
Le succès de la recette a ouvert la voie à des variantes. Les sources consultées en citent plusieurs, sans toujours les détailler.
- La Barrel Aged Yeti, présente dans l’évolution des étiquettes ;
- Un coffret de variétés Yeti, annoncé par Brewbound ;
- Une collaboration avec la distillerie Laws Whiskey House, annoncée en même temps.
Lire un palmarès avec recul
- Une médaille récompense un lot présenté une année donnée.
- Le classement BeerAdvocate reflète les votes d’amateurs.
- Les recettes peuvent évoluer après une récompense.
Une bière à replacer dans son style
Ces distinctions concernent la catégorie des imperial stouts, l’un des styles les plus forts. Pour découvrir d’autres plats qui accompagnent les bières sombres, les recettes de plats mijotés à la bière offrent des idées, dans un cadre de consommation raisonnable.
Yeti Imperial Stout : une référence qui tient sur la durée
La Yeti Imperial Stout réunit des données solides : 9,5 % d’alcool, neuf malts, une amertume annoncée à 75 IBU et trois médailles au GABF entre 2005 et 2009. Son nom, né d’un problème de marque et d’un voyage en Himalaya, a fini par porter toute l’identité de Great Divide. Reste à savoir comment ce classique des années 2000 vieillira face à la multiplication des stouts vieillis en fût. Sa teneur en alcool élevée invite à la prudence : Alcool Info Service rappelle les repères de consommation à moindre risque. D’autres bières sombres sont présentées dans la rubrique bières brunes. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.







